Les débuts de la Louisiane Française

Les débuts de la Louisiane Française

 

Les débuts de la LOUISIANE FRANÇAISE (1682-1769)

La Louisiane et le Mississippi avaient été plusieurs fois reconnus, sans résultat, par les Espagnols. Puis  deux explorateurs, le
père Marquette et Louis Jolliet, décident, en1673, de suivre le cours du « Père des Eaux» ou « Meschacébé ».
Marquette et Jolliet atteignent l’embouchure de l’Arkansas. Mais ils décident de rebrousser chemin.

Plus tard, il faut attendre  Cavelier de la Salle, parti du Fort Niagara en 1679, pour descendre le fleuve baptisé Colbert
jusqu’au Golfe du Mexique (1682).

Cavelier offre alors ce territoire au roi de France Louis XIV: Louisiane.

Son premier voyage ayant réussi, Cavelier rentre en France. Il obtient navires, colons et équipements pour fonder la colonie
durablement.

Cette fois, il longe la côte de Floride, mais il ne reconnaît pas l’embouchure du Mississippi et s’égare au fond de la baie Saint-Bernard, au Texas.

Ses hommes sont décimés, lui-même périt assassiné en tentant de regagner le Mississippi (1687).

Dix ans s’écoulent avant que le Canadien Lemoyne d’Iberville n’explore la côte de Louisiane.

Il retrouve enfin le fleuve et fonde les premières capitales, Biloxi  en 1698, et La Mobile CZ), en 1701.

Il remonte ensuite le Mississippi jusqu’au Sault Saint Antoine près du lac Supérieur,
au Canada. Il pense à indiquer unvillage indien de Bâton-Rouge,
qui deviendra la capitale de l’État de Louisiane.

Iberville meurt en 1707et son cadet, Lemoyne de Bienville, prend la tête de la colonie.
Antoine de Lamothe-Cadillac, fondateur de Détroit, lui succède de

1713 à 1716. Pendant ce temps, les expéditions se multiplient:

Juchereau de Saint-Denis atteint la Rivière Rouge, le Texas, et rejoint Mexico.

Peu après, Pénicault visite les Indiens Natchitoches (1712) .Les Quatre Canadiens explorent l’Ouest en direction du Texas.
(1716-1717).

Il faut que John Law donne ses lettres patentes à la Compa­gnie d’Occident, en août 1717, pour voir la colonie prendre un
véritable essor.

Elle ne comptait à cette date que 600 blancs et une centaine d’esclaves noirs e), principalement établis dans l’île
Dauphine, à La Mobile, au Biloxi et dans les deux forts situés à l’intérieur des terres: le Fort Rosalie aux Natchez et le poste des Natchitoches (4), fondé par Lamothe-Cadillac.

Sous l’impulsion de Law, la compagnie rattache à la Louisiane le pays des Illinois et jette les plans de la Nouvelle Orléans, l’actuel
Vieux-Carré.

Mais, en avril 1718, on ne compte que 4 maisons et 68 colons! En janvier 1722, le père Charlevoix trouve un « site
sauvage et désert» et 200 personnes « campées au bord d’un grand fleuve », en attendant qu’on leur construise des habitations. La
Nouvelle Orléans ne comporte alors qu’ « une centaine de bara­ques placées sans beaucoup d’ordre, un grand magasin bâti de bois, et
deux à trois maisons .

Le bon père ajoute, prophétique: «

Cette ville est la première qu’un des plus grands fleuves du monde ait vu s’élever sur ses bords …

Quel plaisir de voir naître insensiblement cette future capitale d’un beau et vaste pays et de pouvoir dire,
rempli de l’espérance la mieux fondée: ce lieu sauvage et désert que les cannes et les arbres couvrent presque tout entier sera un jour, et peut-être ce jour n’est pas éloigné, une ville opulente, et la métropole d’une grande et riche colonie» (6).

Le recrutement était difficile : il faut  aussi peupler l’intérieur: la Rivière Rouge et les Yasoux. On est contraint de puiser dans les rues de France filles et vagabonds. Les prisons fournissent les « sauniers », qui se révéleront un peu plus utilisables. Law nourrit des projets ambitieux.

La France n’a jamais été terre de colons. Elle fera appel aux Allemands, aux Suisses et aux esclaves noirs. Ainsi se forme, dès l’origine, un étonnant creuset, qui n’a rien à envier aux États-Unis actuels: « Plus de 4000 per­sonnes – tant Français qu’Allemands que Juifs – sans compter des Nègres – pénètrent ainsi dans la colonie» La Compagnie a décidé de frapper sa monnaie, la pièce d’Inde ou piastre (8), et Bienville a mis en vigueur le Code Noir. L’ odieux marché
va pouvoir commencer.