Vivant, Duclos, Soulié & Co

Vivant, Duclos, Soulié & Co

Comparer les Dolliole et les Soulié

Vivant, Duclos, Soulié & Co

Les colons arrivent, la ville s’ organise, on commence à avoir besoin de nombreux esclaves. Nous avons enfin retrouvé « en ville » Jean Soulié à la Nouvelle Orléans. Est-il arrivé directement ? Peut- être laisse t’il échapper une phrase sibylline sur les francs maçons ? Ces derniers sont déjà installés et actifs depuis 1770 dans la Caraïbe. Il est très secret, mais, au moins, il sait naviguer.  Judith Longest Bethea indique, dans la première page relative à Jean Soulié : « 12 Août 1773, François Hinard rejoint une société qui s’ appelle Vivant, Duclot, Soulié and Co ; Hinard apporte à sa société un voilier de transport de marchandises, le » Javon », deux bateaux, le San Francisco et le New Orleans, et une maison ou logement dans l’ atelier de Pedro Boune et Jean Arnoul. »

 

 

Fac-similé contrat entre Hinard Vivant, Duclot et Soulié

Hinard semble installé depuis plusieurs décennies, il est, peut-être, le fils de Jean Hinard (1759-1807) et de Hélène Lauve, née en 1733. Des colons déjà arrivés à cette époque, cela laisse imaginer, peut-être, que ce sont des colons chassés d’ Acadie ?  Plus de 10 ans après, en 1786, la société se porte mieux, avec les associés, ils ont maintenant un terrain de 44 arpents, à deux lieues de la Nouvelle Orléans, de l’autre côté du Mississippi, avec un entrepôt en mauvais état, une petite maison, 12 cabanes à esclaves 66 esclaves, 800 pesos. On suppose qu’ils ont une activité agricole pour avoir autant d’esclaves. Un certain William Marre se joint peut-être, à l’association.

Un acte (référence 6/98718) signé chez Maître Leonardo Mazangé, l’un des notaires à la Nouvelle-Orleans, enregistre que Charles Vivant et André Duclos ont racheté une société de transport maritime le 6 décembre 1782 , ( ) ou le bateau, à un certain Bergeron au prix de 5000 pesos espagnols. On trouve aussi souvent ce patronyme dans les Canadiens francophones qui ont fui ce pays vers le sud. Presque tous les colons s’ appelant « Bergeron » arrivent du Canada. Leur premier bateau transporte des marchandises de toute nature entre Haïti[1] et Cuba peut être le Mexique, et la Louisiane.

Le bateau, le « Javon », a deux mâts, sans doute un sloop. Le nom du bateau rappelle un prénom commun chez les esclaves noirs de cette époque. On n’a pas beaucoup d’ information sur Duclos[2]. Sans doute un aventurier, au patronyme qui fait penser à celui de nombreux Acadiens. L’un d’ entre eux était l’un es premiers éditeurs de journaux. Duclos est bien plus âgé que Soulié, mais ils restent amis et associés toute leur vie.

Vivant a certainement un fort charisme, et les trois associés ont trouvé de quoi vivre. Quelques années plus tard, le 25 février 1786, les deux associés Arnoul et Boune rejoignent Vivant Duclos et Soulié (acte signé chez Maître Rodrigues) ; ils apportent des terrains de l ‘autre côté du Mississippi (44 arpents) situés entre ceux de F Broutin et JB Macarty (que l ‘on retrouvera tout au long de notre histoire), plus une maison en mauvais état, un entrepôt, un moulin, 12 cahutes d’ esclaves et 66 esclaves… Le coût total est de 5200 pesos selon acte du 1 er juin 1786. Mais le 6 décembre 1786, François Hinard, sans doute malade, se sépare de l ‘association, récupère sa mise de 8000 pesos qui comprennent un élevage de bétail à Plaquemines.

Les trois compères resteront à la Nouvelle Orléans jusqu‘à la mort de Duclos, puis Vivant, en relations et amis, devenant, pour certains, les parrains des enfants de leurs associés, et leur laissant parfois aussi des objets en héritage. Mais surtout, Jean Charles Vivant va rencontrer le pivot central de notre histoire,  une certaine Louison Cheval qui a déjà eu deux ou trois filles, que nous découvrirons. Par exemple,  André Duclos donne à Rosetta (une fille de Louison) en 1787 deux de ses esclaves, Charles et Annette.

([1]) Haïti, une partie de l’Ile de Saint-Domingue, après la séparation et la révolution de Toussaint Louverture.

([2] )Seules informations : Judith Longest Bethea.