Évasion transatlantique
Les recherches généalogiques réservent parfois de belles surprises. A la lecture des journaux privés de Baudry des Lozières et de Moreau de Saint-Méry, il est encore plus évident que nos personnages « se connaissent très bien ».
Joseph et Jean-Baptiste Milhet.
Joseph Milhet, le riche marchand, né vers 1735, est mort, fusillé par le régime espagnol, le 25 Octobre 1769, tout jeune marié. Il a laissé une veuve, Margarita Wiltz (1749-1814) et une fille d’ environ un an. Son jeune frère, Jean-Baptiste Milhet, moins impliqué, est emprisonné par les Espagnols.
Envoyé dans les prisons de Cuba, il y restera pendant quelques années. De plus, on l ‘a dépossédé de ses biens et interdit à vie de retour en Louisiane. Il a été avocat au Parlement de Bordeaux, avant de faire de la politique. Sa très jeune femme est Louison Cheval, son âge n’est pas connu avec exactitude. Jean Baptiste sort de prison vers 1771, rentre en France, où il décède, semble-t-il, en 1815.
Catherine Cheval ou Catherine Milhet?
Catherine Cheval, épouse de Milhet , est marraine de Lucien Soulié en 1789 et signe Catherine Milhet, Pourquoi Louison Cheval n’est-elle pas présente ? Se fait elle appeler autrement ?
Louise Catherine Milhet, née vers 1750. Il nous semble évident que le patronyme Milhet dans la Louisiane Espagnole est impossible à porter à Cuba pendant cette période !
Henriette Prieto , avec Juan Prieto, un haut fonctionnaire espagnol ; Louison la reconnaît comme sa fille, il reste à vérifier le lieu de Naissance (Louisiane ou Cuba ou Saint-Domingue ?) ou trouver trace d’un baptême vers……Puis Eulalie , qui a un enfant naturel avec Léonard Mazangé en décembre 1789
La France, et après la colonie de Saint-Domingue, sont secouées par des troubles de plus en plus importants. Peu avant la Révolution Française, Baudry des Lozières, qui était sans doute à Saint Domingue, retourne à Paris comme Député de Saint-Domingue, pour participer aux réunions annoncées, y arrive à temps en un mois, et où il se trouve le 14 Juillet 1789.
Comment fuir?
Plusieurs des personnages que nous avons déjà évoqués partent pour sauver leur tête pendant la Terreur. Le 9 Novembre 1793, un voilier, la Sophie, part « en catastrophe » du Havre, avec une vingtaine de passagers, dont nous avons trouvé les identités, et arrive 119 jours plus tard en Virginie. Louison serait partie à Saint Domingue, se mettre à l’abri , avec un groupe d’ hommes politiques, et elle devient la protégée de Baudry des Lozières (né en Janvier 1751) et part rendre visite à son mari, Jean Baptiste, emprisonné à Cuba. Louison rentre, sans doute trop tard, et c’ est alors sa fille, Catherine Milhet , qui est la marraine de Lucien Soulié ; Leonardo Mazangé reconnaît la Naissance de Leonardo, alors qu’il vient juste de se marier avec Hélène Wiltz.
Le récit de la fuite transatlantique sur « la Sophie ».
Moreau de Saint-Méry, dans son Voyage aux États-Unis (cf. Généalogie et Histoire de la Caraïbe numéro 172 ) , donne des éléments suivants:
« Je m’embarquai le 9 novembre 1793 à deux heures après-midi dans le brick américain la Sophie, de Portland, capitaine George Lowther.
En passagers, nous étions : – moi, ma femme, mes deux enfants, – Mme Dupuy, ma sœur, ses trois enfants, Reine leur domestique, – M. Baudry Des Lozières, mon beau-frère, sa femme, sœur de la mienne, leur jeune fille Eléonore, et Adélaïde leur domestique, – Melle de Marle, leur amie, – M. Goynard, ancien capitaine de navire de Saint-Malo, – et M. Brière, jeune habitant de la Martinique, fils d’un de mes amis. Nous composions donc le nombre de seize passagers ».