Le Mardi-Gras en 1950.

Le Mardi-Gras en 1950.

Le Mardi Gras maintient la tradition, mais évolue chaque année. Voici une description datant de 195.

 

Un Bacchus géant de couleurs vives trône sur un char décoré de grappes de raisins. Autour de lui d’immenses figurines en papier mâché et carton :

Pinocchio, Roger Rabbit, et. .. Même Alice est là avec sa petite robe bleue et son
tablier blanc, on ne doit pas être très loin du pays des merveilles!

Ce pays est l’antre de B Kern, alias Monsieur Mardi gras, constructeur de chars à La Nouvelle-Orléans depuis 1947. Chaque année les deux dessinateurs­ maison imaginent plus de 300 chars, tous construits sur place par une quarantained’ouvriers permanents, spécialistes en papier mâché et en carton, sculpteurs, plâtriers, menuisiers, soudeurs, peintres.

Entre janvier et février, 150 travailleurs indépendants sont embauchés afin de pouvoir livrer les commandes à temps.
Bon an mal an, le tiers seulement de la production est entièrement nouveau. En 45 ans d’existence, l’entreprise familiale a ainsi accumulé des centaines de figurines dont elle se ressert, les modifiant en fonction du thème de l’année.

La taille,la complexité et la richesse des décorations font varier le prix d’un char de 3 000 à
100000 $ (16 500 à 555 000 F).

Le carnaval de La Nouvelle-Orléans constitue un événement majeur pour la Louisiane puisqu’il attire environ 500 000 touristes. Ces douze jours de fête extraordinaire sont d’un grand secours pour une ville économiquement sinistrée.

Selon JamesJ. McLain, consultant économique et auteur d’un rapport sur le carnaval :

« La fabrication des chars, l’organisation des bals et toutes les dépenses occasionnées par l’événement apportent 580 millions de dollars (3,2 milliards de francs)à l’économie locale. La ville dépense 2,3 millions de dollars (12,6 millions de francs)pour assurer la sécurité publique et le nettoyage, mais elfe perçoit environ onze millions (60,5 millions de francs) en impôts et taxes. Mardi gras est donc une source de revenus importante pour La Nouvelle-Orléans, d’autant plus qu’il contribue à sa renommée touristique tout au long de l’année. 

La ville n’ayant pas de budget pour les festivités, ce sont les 103 associations de carnaval (krewes) de la paroisse de La Nouvelle-Orléans qui financent la fête. Une loi interdit la commercialisation du carnaval, et il n’y a aucun sponsor: les cotisations (de 880 à 4 000 F par an) des 31 000 membres permettent d’acheter les chars et les costumes.

Centenaires pour certaines (Comus, Rex … ), les associations choisissent chacune un thème différent et toutes sont en compétition amicale pour la beauté de leurs chars et de leurs costumes. Les gagnants sont ceux qui s’amusent le plus car c’est bien la seule raison d’être de ces associations et de ces défilés.