1800-1860 Les bals de quarteronnes
Dans le vieux carré, au coin de la rue de Chartres, on voit encore un bâtiment d’un aspect imposant, en dépit de sa misère évidente. C’est là que se tenaient les bals des quarteronnes. Ces bals furent longtemps une institution unique en Amérique, typiquement orléanaise. Ils soulignent la différence des coutumes morales de la Louisiane et des autres colonies américaines, d’origine protestantes puritaines.
Les quarteronnes (le journaliste a utilisé le terme utilisé au XX ème siècle, les « quadroon girls » !) étaient de jeunes Mulâtresses qui étaient arrivés à la Nouvelle-Orléans à la suite de la révolte des noirs de Saint Domingue. Elles étaient remarquables par leur grande beauté et leur douceur. Trop fières pour se mêler au nègre, tenues à distance par la société créole, ces jolies déclassées se trouvaient dans une situation délicate. Ne pouvant prétendre à une position officielle mondaine, elle se contentèrent d’une position officieuse. Elles devinrent les compagnes attitrées des jeunes Patriciens créoles.
Cette partie est d’autant plus piquante que certains chercheurs actuels semblent mettre en cause l’existence même des « bals des femmes de couleur » ou « bals de quarteronnes ».
Comment rencontrer une quarteronne?
Une reproduction d’ un bal des femmes de couleur le 6 Février 1842

Un jeune homme de bonne famille venait au bal des quarteronnes faire son choix, il installait son amie et la plaçait dans ses meubles. La liaison durait généralement jusqu’au mariage.(voir commentaire ci-dessous) Elle était avouée, reconnue de tout le monde. La famille du jeune homme préférait cet état de choses à un libertinage plus coûteux et plus dangereux.
D’une fidélité absolue à leur protecteur, elles étaient d’un commerce agréable, d’une tendresse dévouée et d’une discrétion charmante.
Les geishas de l’ Amérique !
Elles furent vraiment les geishas de l’Amérique. Lorsque le jeune homme décidait de « faire une fin » et de se marier, il terminait convenablement sa liaison. La chose se passait dans les meilleures formes, Il n’y avait pas de scène. Elle ne se tordait pas les bras et ne parlait pas d’aller se jeter dans le Mississippi. …N’ayant jamais espéré l’impossible, elle se résignait à l’inévitable. Elle recevait une indemnité qu’on appelait « l’argent de l’adieu » et passait le reste de ses jours, dans une sorte de veuvage illégitime.