Les placements des SouliéLes Quartiers Trémé, Marigny, etc.
Le second quartier qui est loti juste après le Vieux Carré s’appelle le Faubourg Trémé, du nom de son récent propriétaire, Claude Trémé. C’ est un français qui a racheté 80 hectares à une plantation pour créer un nouveau quartier. Le quartier Trémé a attiré de nombreux habitants Créoles et symbolise encore aujourd’hui un certain style de vie.
Il manque encore une nombreuse population qualifiée dans le bâtiment, capable de répéter en des centaines d’exemplaires des logements. Signe de reconnaissance, la nouvelle Église de quartier, construite vers 1840, s’appelle évidemment « Saint-Claude » !
Le second lotissement s’appelle Marigny, du nom de Bernard de Marigny. Cet aristocrate, au centre du pouvoir, achète, pour les lotir environ 120 hectares. Bernard de Marigny impose des conditions inhabituelles : les nouveaux habitants doivent être catholiques et Français. D’autres quartiers voient le jour, progressivement. La plantation Cazelar, de l’autre côté du Mississippi, là où les Soulié allaient passer la fin de semaine, est rapidement lotie, également. Chacun veut sa part de gâteau. D’autres lotissements se développent très vite, mais sans les Dolliole et les Soulié.
De nouveaux modes de construction voient le jour. L’ un d’ entre eux est issu, soit d’un savoir-faire acquis chez Henry Latrobe, soit par des contacts avec des architectes de Saint-Domingue. Il s’agit des maisons appelées « shotgun », c’est-à-dire coup de fusil :la maison comprend, au rez-de-chaussée, 4 pièces en alignement. Un coup de fusil peut traverser les 4 pièces. L’avantage réside dans une construction simple. On trouve encore de telles maisons. Puis les maisons, simples, évoluent. La mise sur le marché de nouveaux lotissements, comme le Garden District, Marigny ou Trémé.
Claude Trémé vend 80 hectares dès 1803 ; Bernard de Marigny vend un peu plus de 100 hectares qu’il possédait derrière le Vieux Carré. Caselar, l’ami de Bernard Soulié, en profite pour vendre aussi tous ses terrains, peut-être 500 hectares. Il y en a des dizaines : la terre aux Allemands, les banlieues actuelles de la Nouvelle Orléans, la zone d’ Algiers de l’autre côté du Mississippi, etc. Des juristes, comme Seghers, des notaires, comme Mazangé , tous sont désireux de faire de bonnes affaires. La municipalité souhaite aussi bâtir des immeubles de qualité (Hôtel des postes théâtre, hôpitaux, etc.
C’est probablement une surface comprise entre 10 et 20 kilomètres carrés (1000 à 2000 hectares) , ou 10 à 20% de la surface de Paris intra muros, qui vont devenir rapidement disponibles. Les terrains se vendent en blocs, et ceux qui avaient acheté 30 ou 50 ans auparavant des plantations se retrouvent avec un joli patrimoine. Une opportunité pareille ne se refuse pas.